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JOGLEEN JOTNA : LES RAISONS D'UN COMBAT


AUDIT DU COSEC PAR L’IGE : Gaspillages et laxisme au menu
Auteur: Latir Mané et Mamoudou Wane, L'OBSERVATEUR    

Le Conseil sénégalais des chargeurs (Cosec) a été traité par ses dirigeants comme une vache à lait. C’est du moins ce que les vérificateurs de l’Inspection générale d’Etat ont constaté, au terme de leurs investigations qui concernent la gestion 2004-2008. Non seulement les dirigeants du Cosec se sont servis, mais ils n’ont pas oublié d’autres acteurs du gaspillage dans leurs largesses… indues. D’importantes zones d’ombres ont aussi été signalées par les Inspecteurs dans le marché des bateaux-taxis, aujourd’hui immobilisés pour des raisons obscures, au Port autonome de Dakar (Pad). Alors que des biens mobiliers de la société, comme les groupes électrogènes, les chambres froides ont été vendues dans des conditions jugées troubles par les enquêteurs de l’Inspection générale d’Etat.

Vente nébuleuse de chambres froides et groupes électrogènes : Comment le Cosec a contourné la réglementation

Les Inspecteurs généraux d’Etat recommandent, au terme de leurs investigations, de « faire ouvrir une information judiciaire sur les conditions de vente de l’ensemble mobilier, constaté de quatre chambres froides et d’un groupe électrogène, par le Cosec au groupement d’intérêt économique E.P.M, sis au km 16 Route de Rufisque, représenté es-qualité par son gérant, Mr Alioune Touré. Si l’Ige recommande cela, c’est en grande partie dû au fait que « la sortie du matériel installé au complexe Malick Sy (chambres froides et groupes électrogènes) et son aliénation se sont déroulées dans des conditions en porte à faux avec les dispositions du Code du Domaine de l’Etat et décret N°81-844 du 20 août 1981 relative à la comptabilité des matières appartenant à l’Etat, aux Collectivités locales et aux établissements publics ». Les biens dont la vente est incriminée concerne « trois chambres froides avec des accessoires au nombre de quatre groupes frigorifiques et un groupe électrogène de 100 MWA, type MS de marque SDMO, dont le moteur est de label Cummins ». L’expert commis à l’effet de déterminer la valeur comptable de ces biens avance le montant de 127 millions de francs. Or, « le générateur et l’ensemble constitué par la chambre froide qui n’ont été exploités que sur 6 ans, ont été vendus à 10 millions de francs. Ce qui fait dire aux inspecteurs que « la procédure initiée par le Cosec est en violation avec la loi et les règlements et ne garantit pas que les biens ont été cédés à leur juste valeur. D’où la nécessité d’ouvrir une information judiciaire sur les conditions de vente » sur ces biens du Cosec. Le Directeur général s’explique cependant sur cette procédure pour dire que la procédure d’aliénation a été autorisée par le Conseil d’administration. Ainsi, les inspecteurs acceptent au bénéfice du doute, les explications du Directeur général sur le montant vénal du matériel frigorifique.

Affaire des Bâteaux-taxis

« Le Cosec a acquis, pour un montant de 1.367.760.000 francs Cfa hors taxe, hors douanes, quatre bateaux-taxis, pour la desserte Rufisque-Dakar (…). Les marchés concernant ces réalisations ont fait l’objet de marché par entente directe. Compte tenu de l’importance des montants mobilisés et du caractère technique des ouvrages et des bateaux taxis de 62 places, les inspecteurs recommandent une « vérification spécifique ». Cette proposition est faite au Président de la République à qui il a été demandé de procéder à des vérifications sur les conditions dans lesquelles ces marchés ont été octroyés. De même, l’Ige s’étonne que l’acquisition de ces quatre navires qui a « fait l’objet d’un marché de deux millions d’euros par le procédé de l’entente directe, sur l’autorisation de la Commission nationale des contrats de l’administration ». Les inspecteurs demandent aussi à l’Etat de « prendre les dispositions utiles à l’achèvement des travaux de la gare maritime de Rufisque et des pontons flottants de cet axe dans les meilleurs délais afin de permettre la navigabilité des bateaux taxis ». Des travaux qui ont effectivement été achevés, comme consigné dans sa réponse par le Dg Amadou Kane Diallo.

CREANCES « OUBLIEES » : Trade Point doit 428 788 500 au Cosec

Depuis 1997, le Cosec a consenti au Trade Point un prêt de 428 788 500, dont une partie à long terme de 85 758 700, remboursable sur cinq ans. Donc, le montant échu, sur la période 2000-2003 de 334 302 800, n’a pas été remboursé. D’une manière générale, aucun remboursement de prêt, dont la première échéance est arrivée en 2000, n’est enregistré sur le prêt global. Pour l’Ige, «en aucun cas ce montant ne saurait être passé en créances irrécouvrables, car ici, aucune action tendant à leur recouvrement n’a été menée. Sur ce plan, il ne faut pas que l’outil que constitue le Cosec soit mis en péril ou que son existence soit hypothéquée du seul fait d’un démembrement de l’Etat».

DONS, CADEAUX ET SUBVENTIONS : Le Cosec une vache à lait pour politiciens et artistes

Il est clairement mentionné dans rapport N°41/2008 sur la vérification administrative et financière du Conseil sénégalais des chargeurs (Cosec) que les dons, cadeaux et subventions «n’ont pas été effectués dans le respect de la réglementation». Tout simplement parce que «la plupart des bénéficiaires sont des personnes physiques qui agissent pour leurs propres intérêts». Il y a le cas du chanteur Alioune Mbaye Nder. A cet égard, l’Ige s’est «rendu compte que même des membres du Conseil d’administration en bénéficient. C’est le cas de MM. Ahmet Fall et Djim Momar Kébé. Le dernier nommé a bénéficié d’un don de 700 000 FCfa en 2005, tandis que M. Fall a perçu 4 millions en 2005 et 7 millions en 2006».

L’Ige a conclu que «la plupart des dons et subventions ont un caractère politique. Ils profitent soit à des personnalités politiques ou servent pour le parrainage de manifestations politiques». Mais, cela s’est surtout exacerbé en 2006, année préélectorale de la Présidentielle de 2007, qui a vu le montant des subventions et dons passer du simple au double.

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